Couple & relations · Famille & enfants

Famille d’accueil

quel salaire pour accueillir un enfant ?

Un métier salarié et encadré : comment se compose la rémunération, ce qui relève du salaire, ce qui n’en est pas.

Un adulte et un enfant lisent un livre ensemble dans un intérieur chaleureux à la maison.
Réponse rapide

La « famille d’accueil » correspond au métier salarié d’assistant familial. Sa rémunération se compose d’une part liée à la fonction d’accueil et d’une part par enfant, calculées en référence au SMIC. Les montants exacts se vérifient auprès du conseil départemental.

  • Un métier salarié : agrément du conseil départemental, contrat, cotisations et formation.
  • Plancher au SMIC : depuis 2022, l’accueil d’un enfant ne peut être rémunéré moins qu’un SMIC mensuel.
  • Salaire ≠ indemnité : l’indemnité d’entretien couvre les frais de l’enfant, ce n’est pas un revenu.
  • Montants 2026 indicatifs : révisés avec le SMIC, variables selon l’employeur.

Derrière la question du salaire d’une famille d’accueil, il y a presque toujours une autre question, plus discrète : « est-ce que je peux le faire, concrètement, sans me mettre en difficulté ? » Les deux comptent. Accueillir un enfant confié par la protection de l’enfance est un engagement humain fort, et c’est aussi un vrai métier, rémunéré, encadré par le droit. Voici comment fonctionne cette rémunération, ce qui relève du salaire et ce qui n’en est pas, et ce qui la fait varier — avec, à chaque fois, le réflexe de vérifier les montants exacts auprès de son département.

Famille d’accueil

un métier, pas un geste bénévole

Ce qu’on appelle couramment « famille d’accueil » porte, dans le droit, un nom précis : assistant familial. C’est une personne agréée qui accueille à son domicile, jour et nuit, un ou plusieurs enfants qui ne peuvent pas vivre dans leur famille à un moment de leur histoire. L’accueil est permanent, il s’inscrit dans la durée, et il s’accompagne d’un suivi par les services de l’aide sociale à l’enfance.

L’employeur, le plus souvent, est le conseil départemental ; il peut aussi s’agir d’un service associatif habilité. Il y a là une distinction utile à poser tout de suite, parce qu’elle change tout : l’assistant familial n’est pas l’assistant maternel. L’assistant maternel garde des enfants en journée et les rend le soir à leurs parents ; l’assistant familial, lui, héberge un enfant en continu, dans le cadre de la protection de l’enfance.

Bien nommer

« Famille d’accueil » et assistant familial désignent le même métier. L’assistant maternel, qui garde des enfants en journée, est un métier différent, avec un statut et une rémunération propres. Les confondre conduit à des chiffres faux.

Devenir assistant familial

l’agrément d’abord

Avant le premier accueil, il y a une étape qui n’est pas négociable : l’agrément. C’est le conseil départemental qui l’instruit et le délivre, après une évaluation portant sur les conditions de logement, la disponibilité, la santé et la capacité à offrir à un enfant un cadre stable et sécurisant. Une fois l’agrément obtenu et l’embauche réalisée, une formation est prévue.

  1. Déposer une demande d’agrément

    La demande se fait auprès du conseil départemental, qui instruit le dossier.

  2. Passer l’évaluation

    Logement, disponibilité, santé, aptitude à accueillir : l’évaluation conditionne l’agrément et fixe le nombre d’enfants accueillis.

  3. Être embauché puis formé

    Après l’embauche, une formation est prévue. Compter plusieurs mois entre la candidature et le premier accueil n’a rien d’anormal.

Comment se compose le salaire d’une famille d’accueil

La rémunération d’un assistant familial ne se lit pas comme une fiche de paie classique avec un seul montant. Elle se compose, pour l’essentiel, de deux parts : une part liée à la fonction globale d’accueil, et une part pour chaque enfant accueilli. Les deux sont calculées en référence au SMIC, ce qui veut dire qu’elles évoluent quand le SMIC est revalorisé.

Depuis la réforme entrée en vigueur en 2022, un repère a été posé clairement : la rémunération pour l’accueil d’un enfant ne peut pas être inférieure au SMIC mensuel. Pour chaque enfant supplémentaire, une majoration s’ajoute, calculée elle aussi en référence au SMIC horaire (de l’ordre de soixante-dix fois le SMIC horaire par mois). Ces ordres de grandeur bougent avec le SMIC et peuvent varier selon l’employeur : le seul montant fiable est celui que communique votre conseil départemental.

SituationRepère de rémunération (indicatif 2026)Base de calcul
Accueil d’un enfantAu moins l’équivalent d’un SMIC mensuel brutPlancher fixé depuis 2022
Chaque enfant supplémentaireUne majoration s’ajoute par enfant≈ 70 × SMIC horaire / mois
Entre deux accueilsIndemnité d’attente possibleSelon l’employeur

Ces repères sont des ordres de grandeur 2026, révisés à chaque revalorisation du SMIC. Pour le montant exact applicable à votre situation, l’interlocuteur fiable reste le conseil départemental ou le service employeur, et les fiches officielles de service-public.fr.

Salaire et indemnités

ne pas tout mélanger

C’est sans doute le point le plus mal compris, et celui qui crée le plus de déceptions. Tout ce qui est versé à une famille d’accueil n’est pas du salaire. À côté de la rémunération, il existe une indemnité d’entretien. Elle sert à couvrir les frais réels de l’enfant : nourriture, hébergement, hygiène, fournitures, argent de poche, habillement. Ce n’est pas un revenu que l’on garde, c’est une somme qui repart, en grande partie, dans le quotidien de l’enfant.

Il faut distinguer ce qui est du salaire (ce que l’on gagne) de ce qui est de l’indemnité (ce qui compense une dépense). Confondre les deux donne l’illusion d’un revenu plus élevé qu’il ne l’est réellement. À cela s’ajoute, dans certaines situations, une indemnité d’attente, versée entre deux accueils lorsque la personne agréée se retrouve sans enfant à accueillir.

Ce qui fait varier la rémunération

Deux familles d’accueil voisines peuvent ne pas toucher la même chose, et c’est normal. Plusieurs éléments entrent en jeu, et les connaître évite bien des malentendus.

Nombre d’enfants

Combien d’enfants accueillis

Chaque enfant ouvre une part de rémunération, dans la limite du nombre prévu par l’agrément. C’est le premier facteur d’écart.

Type d’accueil

Urgence ou accueil spécialisé

Un accueil d’urgence ou plus exigeant peut être rémunéré différemment d’un accueil de longue durée plus stable.

Parcours

Ancienneté et expérience

L’ancienneté et le parcours professionnel jouent, comme dans tout emploi salarié.

Territoire

Département et convention

Le cadre national fixe des planchers, mais la mise en œuvre locale et la convention applicable modulent le reste.

Statut, droits et protection

Un point rassurant, et important à dire : l’assistant familial est un salarié, pas un travailleur informel. Selon l’employeur, il relève du droit public ou du droit privé, mais dans les deux cas, il bénéficie d’un contrat, de cotisations sociales, de congés et d’une formation continue. L’accueil de chaque enfant s’accompagne d’un contrat d’accueil qui précise le cadre. Cette protection a son revers : comme tout emploi, il s’accompagne d’obligations, d’un suivi et d’une responsabilité réelle vis-à-vis de l’enfant et des services.

Idées reçues et points de vigilance

On lit parfois que l’accueil familial serait un bon « complément de revenu » facile à mettre en place. C’est une lecture trompeuse. La rémunération existe, elle est réelle, mais elle accompagne un engagement lourd : une présence permanente, des nuits, des week-ends, l’arrivée parfois soudaine d’un enfant en souffrance, et des montants qui dépendent des accueils confiés, lesquels ne sont jamais garantis dans la durée. Avant de se lancer pour des raisons d’abord financières, mieux vaut regarder la réalité du quotidien en face et en parler longuement avec le service de son département.

À retenir

La famille d’accueil, au sens du droit, est un assistant familial salarié. Sa rémunération se compose d’une part liée à la fonction d’accueil et d’une part par enfant, calculées en référence au SMIC, avec un plancher fixé depuis 2022 au niveau du SMIC mensuel pour un enfant. L’indemnité d’entretien, distincte du salaire, couvre les frais de l’enfant. Les montants 2026 sont des ordres de grandeur, révisés avec le SMIC et variables selon l’employeur : pour un chiffre fiable et à jour, le bon interlocuteur reste le conseil départemental.

Combien gagne une famille d’accueil pour un enfant ?

Pour l’accueil d’un enfant, la rémunération ne peut être inférieure au SMIC mensuel depuis la réforme de 2022. En 2026, cela représente, à titre indicatif, de l’ordre d’un SMIC mensuel brut, montant révisé à chaque revalorisation du SMIC et susceptible de varier selon l’employeur. Le conseil départemental communique le chiffre exact applicable.

Le salaire d’une famille d’accueil augmente-t-il avec le nombre d’enfants ?

Oui. Chaque enfant accueilli ouvre une part de rémunération supplémentaire, calculée en référence au SMIC horaire. Accueillir deux ou trois enfants augmente donc la rémunération, dans la limite du nombre d’enfants prévu par l’agrément. Les montants exacts dépendent de la convention applicable et de l’employeur.

L’indemnité d’entretien fait-elle partie du salaire ?

Non. L’indemnité d’entretien est distincte du salaire : elle couvre les frais réels de l’enfant (nourriture, hébergement, hygiène, fournitures, habillement). Elle n’est pas un revenu disponible mais une compensation de dépenses. Confondre les deux conduit à surestimer le revenu réel.

Faut-il un diplôme pour devenir famille d’accueil ?

Il n’est pas exigé de diplôme préalable pour candidater, mais l’agrément du conseil départemental est obligatoire, et une formation est prévue après l’embauche. L’évaluation porte sur les conditions d’accueil, la disponibilité et la capacité à offrir un cadre stable à l’enfant.

Qui paie le salaire d’une famille d’accueil ?

Le plus souvent, l’employeur est le conseil départemental, dans le cadre de l’aide sociale à l’enfance. Il peut aussi s’agir d’un service associatif habilité. C’est cet employeur qui verse la rémunération et les indemnités, selon le cadre national et la convention applicable.

Accueillir, c’est d’abord offrir une place à un enfant qui en a besoin. La rémunération rend ce métier possible ; elle n’en est jamais la seule raison.