Beauté · Maquillage

Maquillage hippie

un motif graphique sur une peau nue

Trois looks cohabitent sous l’étiquette années 70, et les confondre est la première cause de maquillage hippie raté. Ce qui distingue celui-ci, et comment le réussir.

Visage à la peau nue et aux taches de rousseur, petites fleurs peintes sur les pommettes, en extérieur.
Réponse rapide

Le maquillage hippie n’est pas un maquillage chargé : il repose sur une peau laissée apparente, une couleur franche sur la paupière et un petit motif peint, fleur ou symbole. C’est l’inverse du disco, qui joue les paillettes et les reflets métalliques. Le teint reste léger, le motif se pose sur une zone qui bouge peu, et la tenue en extérieur se prépare avant d’appliquer quoi que ce soit.

  • Graphique, pas chargé : le fond de teint couvrant et le contouring font basculer le look vers le déguisement générique.
  • Un seul motif, bien placé : tempe, pommette haute ou coin externe de l’œil, deux à trois centimètres.
  • Contour d’abord, remplissage ensuite : l’ordre inverse donne des bords baveux.
  • Solaire en premier : appliqué et laissé pénétrer avant tout maquillage, sinon rien ne tient.

Ce qu’il est, et ce qu’il n’est pas

Trois looks très différents cohabitent sous l’étiquette « années 70 », et les confondre est la première cause de maquillage hippie raté. Le disco travaille la lumière : peau glowy, reflets métalliques, paillettes. Le glamour de la fin de la décennie mise sur le regard allongé, les bruns fondus, la bouche brillante. Le hippie, lui, vient d’avant, de la fin des années 60 et de la contre-culture américaine, et il fonctionne à l’inverse des deux autres : peu de matière sur la peau, une couleur franche, un motif dessiné.

Autrement dit, ce n’est pas un maquillage chargé. C’est un maquillage graphique posé sur une peau qu’on laisse voir. Le fond de teint épais, le contouring et l’enlumineur appartiennent à un autre registre, et suffisent à faire basculer le résultat vers le déguisement générique.

Fin des années 60

Hippie

Peau apparente, couleur vive en aplat sur la paupière, motif peint de petite taille. Aucun effet de brillance, sourcils naturels, bouche discrète. C’est un maquillage de dessin, pas de matière.

Milieu des années 70

Disco

Peau lumineuse, fards métalliques, paillettes en accent, faux cils fournis. Tout est construit autour du comportement de la lumière sur le visage, à l’exact opposé du registre précédent.

Fin des années 70

Glamour 70s

Regard allongé vers l’extérieur, bruns et prunes fondus, bouche brillante, teint travaillé. Plus proche d’un maquillage de soirée classique que d’un parti pris graphique.

Trois marqueurs suffisent donc à reconnaître le premier : la peau reste apparente, une couleur vive occupe la paupière ou le trait, et un petit motif — fleur, soleil, symbole de paix — se pose quelque part sur le visage.

Un teint nu, pas un teint plat

Laisser la peau visible ne veut pas dire ne rien faire. Un visage non préparé accroche mal la couleur et le motif tient moins bien.

L’idée est d’unifier sans recouvrir : une crème hydratante, éventuellement un soin teinté très fluide, et un correcteur uniquement sur les zones qui en ont besoin. Tout ce qui rend la peau uniforme et opaque efface ce qui fait le charme du look — les taches de rousseur, le hâle irrégulier, la brillance naturelle des pommettes.

Le blush se pose haut, en touche pêche ou abricot, et se fond aux doigts plutôt qu’au pinceau : le rendu est moins net, ce qui est exactement l’effet recherché. La bouche reste discrète, en baume ou en gloss neutre, parce qu’elle n’est pas le sujet.

Un détail change beaucoup : la peau doit être sèche au toucher avant de peindre un motif, ce qui demande en général deux à trois minutes après la crème. Sur un soin encore humide, le trait bave et la couleur perd en intensité.

Les yeux

une couleur franche, une paupière légère

C’est là que le look se joue vraiment, et c’est là qu’on se trompe le plus souvent en appliquant les réflexes du smoky. Deux familles fonctionnent, et le choix n’est pas qu’une affaire de goût.

Famille de couleursCe qu’elle donnePour qui, et à quelle condition
Terreuse : ocre, terracotta, brun chaudRegistre le plus fidèle à l’époque, effet fondu, très tolérant aux approximationsToutes les carnations et toutes les couleurs d’yeux ; le choix par défaut si vous débutez
Vive : turquoise, violet, orangeEffet graphique marqué, lisible de loin, photogéniqueFait ressortir les yeux clairs en complémentaire, mais exige un fard réellement pigmenté

Sur la première famille, la couleur s’applique au doigt sur toute la paupière mobile, sans dégradé savant. Sur la seconde, la couleur se pose en aplat ou en trait épais sur la ligne des cils : un fard peu pigmenté y tourne au délavé au bout d’une heure, parce qu’il ne dépose qu’un voile que le sébum dilue.

Le trait ne cherche pas la précision. Un liner coloré tracé un peu large, légèrement remonté au coin externe, correspond mieux au registre qu’un tracé graphique parfait. Les cils se maquillent en une ou deux couches de mascara ; les faux cils très fournis appartiennent à l’autre registre.

Le détail qui date tout

Les sourcils restent naturels, à peine peignés. Un sourcil très dessiné, tracé et rempli, ramène immédiatement le maquillage aux années 2010 et annule le reste du travail, même si les yeux et le motif sont impeccables.

Fleurs et symboles peints

le geste qui change tout

La partie qui intimide repose en réalité sur quatre décisions.

Le placement d’abord. Un motif se pose sur une zone qui bouge peu : tempe, pommette haute, arcade, coin externe de l’œil. Le milieu de la joue s’anime dès qu’on sourit et déforme le dessin. Un seul motif bien placé vaut mieux que trois répartis au hasard.

La taille ensuite. Deux à trois centimètres suffisent. Au-delà, le dessin demande une précision qu’un pinceau de trousse ne permet pas, et la moindre irrégularité se voit.

L’outil compte autant que la main. Un eyeliner en gel avec un pinceau biseauté fin donne des traits plus nets qu’un feutre, qui accroche sur la peau et saute. Les peintures à l’eau conviennent bien aux aplats colorés, à condition de les appliquer en deux couches fines plutôt qu’une épaisse.

La méthode, enfin, dépend du motif. Pour un dessin coloré à l’intérieur — fleur pleine, soleil, cœur — on trace le contour, on laisse sécher une minute, puis on remplit. Pour des pétales fins qui ne seront pas remplis, on procède autrement : chaque pétale se tire d’un seul geste continu, du centre vers l’extérieur, en relâchant la pression à la fin pour affiner la pointe. Mélanger les deux méthodes sur le même motif est la cause la plus fréquente des bords baveux.

  1. Préparer la zone

    Peau sèche au toucher, éventuellement un voile de poudre translucide si la zone est grasse. Le motif accroche mal sur une crème fraîche.

  2. Poser un repère

    Un point discret au centre du futur motif, avec la couleur qui servira au cœur. Il évite de dessiner de travers et sera recouvert ensuite.

  3. Tracer les pétales

    Cinq pétales tirés du centre vers l’extérieur, un geste par pétale, en relâchant la pression pour affiner la pointe. Ne pas repasser dessus.

  4. Laisser sécher, puis poser le cœur

    Une minute d’attente, puis un point d’une couleur contrastée au centre. Poser le cœur trop tôt fait fuser les deux couleurs l’une dans l’autre.

  5. Rattraper sans frotter

    Un coton-tige légèrement humide retire proprement une bavure. Un doigt l’étale et transforme le raté en tache.

Tenir une journée entière en extérieur

Le contexte réel de ce maquillage, c’est souvent un festival : plusieurs heures dehors, du soleil, de la chaleur, parfois de la poussière. L’ordre des couches y compte plus qu’ailleurs.

La protection solaire vient en premier, appliquée et laissée pénétrer plusieurs minutes avant tout le reste. Un motif peint directement sur une crème solaire fraîche ne tient pas — c’est la cause d’échec la plus fréquente en extérieur, et elle se produit avant même que la chaleur ait eu son mot à dire.

La transpiration attaque ensuite, et toujours dans le même ordre : d’abord le front et les ailes du nez, puis le sillon sous l’œil, enfin les pommettes. Un voile de poudre translucide sur ces deux premières zones, posé avant le motif, limite nettement la migration. Les produits résistants à l’eau tiennent mieux sur la durée, au prix d’un démaquillage plus exigeant le soir.

Produits près de l’œil

Toutes les peintures et tous les pigments ne sont pas prévus pour la zone oculaire. Vérifiez la mention du fabricant avant d’appliquer une couleur près du bord des cils, et évitez les peintures destinées au corps ou aux surfaces, même diluées.

Le démaquillage tient en trois gestes. On imbibe généreusement un coton d’huile démaquillante ou de biphasé, on le laisse posé sur le motif une dizaine de secondes sans bouger — c’est ce temps de pose qui dissout la matière, pas le frottement — puis on essuie d’un seul passage. On répète si nécessaire plutôt que d’insister sur la peau. Un nettoyant doux termine le travail, et une crème referme la journée.

Pour les retouches en cours de route, le kit tient dans une poche : le crayon ou le pigment du motif, un mouchoir, un coton-tige. Reprendre un contour effacé prend dix secondes ; refaire un motif entier au milieu de l’après-midi, non.

Garder les codes sans le costume

Tout le monde ne cherche pas un déguisement. L’esthétique hippie se transpose très bien à un usage courant, à condition de n’en garder qu’un élément à la fois.

Ce qui fait basculer un look vers le costume, c’est l’accumulation : le motif peint, plus le liner turquoise, plus les paillettes, plus le bandeau — ce dernier relevant de la panoplie et non du maquillage, mais participant de la même lecture d’ensemble. Isolés, ces éléments passent partout. Un trait de liner terracotta sur des yeux nus se porte un mardi. Une paupière en ocre fondu au doigt aussi. Une minuscule fleur au coin de l’œil, en soirée, se lit comme un parti pris et non comme un thème.

Le look fonctionne d’ailleurs très bien au masculin, et pour la même raison : il ne repose pas sur un teint construit. Un motif discret à la tempe, un trait de couleur au ras des cils, rien d’autre. La dose change, les codes restent les mêmes.

L’autre différence tient à la finition. Un maquillage de déguisement assume l’artifice et le trait appuyé ; une inspiration se reconnaît à une exécution soignée, des bords nets, une couleur maîtrisée.

Quelle différence entre un maquillage hippie et un maquillage disco ?

Ils fonctionnent à l’inverse l’un de l’autre. Le disco travaille la lumière : peau lumineuse, fards métalliques, paillettes en accent. Le hippie travaille le graphisme sur une peau laissée nue : couleur franche en aplat, motif peint, aucun effet de brillance. Le disco date du milieu des années 70, le hippie de la fin des années 60.

Faut-il forcément peindre des fleurs ?

Non. La fleur est le motif le plus identifiable, mais un soleil, un croissant, un symbole de paix ou une simple série de points colorés fonctionnent aussi bien. Le principe compte plus que le dessin : un motif de petite taille, posé sur une zone stable du visage, en contraste avec un teint laissé léger.

Avec quel outil dessiner un motif propre ?

Un eyeliner en gel appliqué au pinceau biseauté fin donne les traits les plus nets. Les feutres accrochent sur la peau et sautent. Les peintures à l’eau conviennent pour les aplats de couleur, en deux couches fines. Dans tous les cas, une seule méthode par motif : contour puis remplissage pour les dessins pleins, geste continu pour les pétales fins.

Comment faire tenir le maquillage toute une journée de festival ?

Trois précautions suffisent la plupart du temps : appliquer la protection solaire en premier et la laisser pénétrer, poudrer légèrement le front et les ailes du nez avant de peindre, choisir des produits résistants à l’eau pour le motif. Prévoyez un coton-tige et le pigment utilisé pour reprendre un contour effacé plutôt que refaire le motif.

Peut-on porter ces codes sans avoir l’air déguisé ?

Oui, en n’en gardant qu’un à la fois. Un liner terracotta sur des yeux nus, une paupière en ocre fondue au doigt ou une minuscule fleur au coin de l’œil se portent sans effet de costume. C’est l’accumulation — motif, couleur vive, paillettes et accessoires ensemble — qui bascule le résultat vers le déguisement.

Le meilleur indice de réussite tient à peu de chose : de loin, on doit voir un visage, puis remarquer le motif. Jamais l’inverse.