Maquillage années 70
les trois signatures qui datent le look
Une paupière fondue, un sourcil fin, une bouche satinée. Ce qui fait vraiment l’esprit seventies, et comment le porter sans avoir l’air déguisée.
Le maquillage des années 70 repose sur trois signatures : une paupière chaude et fondue qui se prolonge sous le cil inférieur, un sourcil fin mais dessiné, une bouche satinée dans les bruns chauds. La palette tourne autour du terracotta, du kaki, du prune et du bronze, mais c’est la texture crémeuse, légèrement luisante, qui date le look plus sûrement que la couleur. Selon la période de la décennie, il prend un visage nu et bohème, coloré et glam, ou lumineux façon disco.
- L’œil fait le tour : le fard descend sous le cil inférieur et se fond, sans aucune ligne nette.
- La texture avant la couleur : crème et satiné sonnent seventies, le mat poudreux sonne contemporain.
- Trois esthétiques : bohème au début, glam coloré au milieu, lumière disco à la fin.
- Le piège : le trait d’eye-liner graphique appartient aux années 60, pas aux années 70.
Un maquillage seventies ne tient pas à une couleur en particulier. Il tient à trois gestes que l’œil reconnaît avant même de savoir les nommer. Les paillettes, le teint lumière, les fards bleu pétrole ne sont que des déclinaisons de ces trois-là.
Ce qui fait qu’un maquillage a l’air seventies
La première signature, c’est le contour de l’œil qui fait le tour complet. Là où le maquillage contemporain concentre l’intensité sur la paupière mobile et laisse le dessous propre, la décennie enveloppe : le fard descend sous le cil inférieur, se fond, et referme le regard sur lui-même. C’est ce cerne travaillé, presque assumé, qui donne cette impression de paupière chaude et vécue.
La deuxième, c’est le sourcil. Fin, oui, mais pas épilé jusqu’à disparaître. La ligne reste dessinée, souvent arquée, avec une queue longue et fuyante. On est loin du sourcil dense et brossé qu’on porte aujourd’hui, et tout aussi loin du trait crayonné en accent circonflexe des décennies précédentes.
La troisième, c’est la finition de la bouche. Ni gloss transparent, ni mat velours : un satiné qui accroche la lumière sans briller franchement, dans une gamme qui va du nude beige au brique profond. Cette texture intermédiaire est ce qui date le plus sûrement un maquillage, et c’est aussi ce qu’on oublie le plus souvent en essayant de reproduire le look. Si deux de ces trois éléments manquent, le résultat ne se lira pas comme seventies, quelle que soit la couleur employée.
Une décennie, trois maquillages différents
Traiter les années 70 comme un bloc, c’est passer à côté de l’essentiel. La décennie a changé de visage au moins deux fois, et les trois esthétiques qui en résultent ne s’adressent pas du tout aux mêmes envies.
Peau nue et bouche transparente
Dans la lignée du courant bohème : peau lissée mais non masquée, joues chauffées par une touche de pêche ou de terracotta posée haut sur la pommette, cils simplement charbonnés, bouche laissée nue. On ne dessine pas un visage, on le donne à voir. De loin la version la plus portable aujourd’hui.
Paupière colorée et glitter
Sous l’influence du glam rock, la couleur devient le sujet : bleu pétrole, vert sapin, violine, argent, appliqués large jusqu’à l’os sourcilier. Le glitter arrive, d’abord sur la paupière puis sur les pommettes. Le sourcil s’affine et se redessine. La version la plus spectaculaire, celle qui demande le plus de dosage.
Le teint lumière des nuits disco
L’attention se déplace vers la peau : teint satiné presque humide, chauffé au bronzer, rehaussé sur les points hauts. Les yeux passent aux bronzes et aux cuivres. Cette version demande surtout d’anticiper la fixation des paillettes et le transfert sur la paupière, qui devient inévitable dès qu’on transpire.
60s ou 70s
l’erreur de datation la plus courante
Le contresens le plus répandu vient presque toujours du même geste : le trait noir graphique. Le pli de la paupière marqué au crayon en une ligne nette, l’œil de biche allongé vers l’extérieur, les cils inférieurs dessinés un à un comme des rayons — tout cela appartient aux années 60.
La différence tient en un mot : le fondu. Les sixties dessinent, les seventies estompent. Là où la décennie précédente pose des lignes lisibles et un contraste franc entre le clair et le foncé, celle qui suit noie tout dans un dégradé sans arête, et remplace le noir par des bruns, des prunes, des kakis. Deuxième repère, plus discret : la place du blanc. Un point de lumière au coin interne, un blanc opaque sous l’arcade, une paupière éclaircie pour agrandir le regard — c’est un vocabulaire sixties. Les seventies préfèrent la chaleur à l’ouverture, quitte à refermer l’œil.
| Ce qu’on regarde | Années 60 | Années 70 |
|---|---|---|
| Le contour de l’œil | Tracé, lisible, arête nette | Fondu, sans bord visible |
| Le dessous du cil | Laissé clair ou souligné d’un trait fin | Travaillé et estompé sur toute la longueur |
| Les couleurs | Noir, blanc, pastels froids | Bruns, prunes, kakis, cuivres |
| Le sourcil | Court, arqué haut, dessiné net | Fin, long, à la queue fuyante |
| La finition | Mate et poudrée | Satinée, un peu grasse |
La palette et les textures qui datent le look
Les familles de teintes sont assez identifiables : terracotta, rouille, brique, kaki, bronze, prune, et ce bleu pétrole qui revient périodiquement. On y ajoute les beiges chauds et les caramels, qui servent de fond à presque tous les regards de la décennie.
Mais la couleur seule ne suffit pas, et c’est la finition qui fait le travail. Un fard terracotta mat et poudreux, appliqué comme on applique un fard aujourd’hui, donnera un smoky contemporain parfaitement anonyme. Le même pigment en texture crémeuse, légèrement satinée, posé au doigt et étiré du bout de l’ongle, sonne immédiatement juste.
Ce qu’on observe sur les images de l’époque va dans ce sens : la matière laissée sur la peau paraît plus transparente et plus grasse que le fini velouté qu’on obtient avec les poudres actuelles. Reproduire cette qualité de matière compte davantage que trouver la bonne référence de couleur.
Concrètement, cherchez des fards en crème, des sticks à paupières, des blushs en baume et les produits multi-usages joues-lèvres-paupières. Gardez le mat pour les zones que vous voulez faire reculer, et n’ayez pas peur d’un fini légèrement luisant : c’est lui qui fait la moitié de l’effet.
Reproduire l’œil seventies, geste par geste
Le principe est de construire une masse de couleur floue, puis de la refermer sous l’œil. Rien ici ne demande de matériel particulier, mais tout demande d’estomper plus longtemps qu’on ne le croit nécessaire.
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Poser le terrain
Une base crème beige chaud sur toute la paupière, creux compris, lissée au doigt jusqu’à l’os sourcilier. Elle sert de fond, pas de couleur.
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Déposer le pigment principal
Terracotta, prune ou kaki au centre de la paupière mobile, puis étiré vers l’extérieur et vers le haut. Ne cherchez jamais la ligne nette : le bord doit rester indécis.
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Refermer sous le cil inférieur
Reprenez le même pigment sous l’œil, sur toute la longueur, et estompez vers le bas d’un mouvement circulaire. C’est ce passage qui fait basculer le look du bon côté de la décennie.
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Chauffer le creux
Un brun légèrement plus profond dans le pli, jamais en ligne : par petites touches, en revenant plusieurs fois plutôt qu’en chargeant d’un coup.
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Charbonner la racine des cils
Au crayon, puis estompé immédiatement avant qu’il ne fige. Aucun trait ne doit rester lisible à la fin.
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Finir léger sur les cils
Une couche de mascara en haut, très peu en bas. Les faux cils restent possibles, en bande fine et fondue dans la frange naturelle.
Le raccord avec le reste du visage suit la même logique : blush chaud posé haut et fondu vers la tempe, bouche satinée, teint volontairement peu couvrant. Un teint mat et parfait sous un œil aussi chaud produit un déséquilibre immédiat.
L’adapter à son visage et au contexte
Le choix de la teinte principale gagne à suivre la carnation plutôt que la mode. Sur une peau claire à sous-ton rosé, le prune et le brun cendré tiennent mieux que le terracotta, qui peut virer au rouge irrité. Sur une peau dorée ou olive, le kaki et le bronze fonctionnent particulièrement bien. Sur une peau foncée, les cuivres, les rouilles saturées et les violets profonds sortent nettement mieux que les beiges, qui disparaissent. Le blush suit la même règle : une pêche lavée suffit sur les teints très clairs, tandis qu’il faut monter en saturation, vers le terracotta puis la brique, à mesure que la peau fonce, sous peine de voir la couleur s’effacer complètement.
La forme de l’œil compte tout autant. Sur un œil encapuchonné ou tombant, la masse de couleur doit être montée plus haut que le pli naturel, sinon elle disparaît à l’ouverture. Sur un œil rond, l’étirement latéral prend le pas sur la hauteur. Sur un œil profond, mieux vaut alléger le creux et concentrer l’intensité au ras des cils, faute de quoi le regard se referme trop.
Reste le curseur du dosage, qui fait toute la différence entre l’hommage et le déguisement. Pour une version portable en journée, gardez l’enveloppe autour de l’œil — c’est elle qui porte l’esprit rétro — mais réduisez l’intensité de moitié, oubliez les paillettes et laissez vos sourcils tels qu’ils sont. Pour une soirée à thème, montez la saturation, ajoutez la lumière sur les pommettes et assumez une couleur franche sur la paupière : bleu pétrole, violine ou vert profond, une seule à la fois. C’est à ce moment-là que le maquillage vintage devient lisible à trois mètres, ce qui est exactement le but.
Le sourcil sur-affiné ou effacé, qui transforme le visage en masque. Les paillettes partout à la fois, alors qu’elles ne fonctionnent qu’en accent unique. Et le trait d’eye-liner net, qui ramène le look aux années 60 tout en durcissant l’ensemble. Retirez ces trois-là et il reste un maquillage chaud, enveloppant, qui se porte très bien un mardi.
Faut-il obligatoirement des paillettes pour un maquillage années 70 ?
Non, et c’est même le raccourci le plus fréquent. Le glitter appartient surtout au versant glam rock de la décennie et à sa fin disco. Le début des années 70 est au contraire très nu : peau lissée, blush chaud posé haut, bouche transparente. Si vous voulez des paillettes, gardez-les en accent unique, sur la paupière ou sur les pommettes, jamais les deux.
Quelle différence entre un maquillage années 60 et un maquillage années 70 ?
Le fondu. Les années 60 dessinent des lignes nettes : pli marqué au crayon, trait d’eye-liner allongé, cils inférieurs tracés un à un, points de lumière blancs. Les années 70 estompent tout, remplacent le noir par des bruns et des prunes, et referment le regard en travaillant aussi le dessous de l’œil. Si le contour est tracé, c’est sixties ; s’il est flou, c’est seventies.
Ce look va-t-il à toutes les carnations ?
Oui, à condition d’ajuster la teinte principale. Le prune et le brun cendré conviennent mieux aux peaux claires à sous-ton rosé, sur lesquelles le terracotta peut virer au rouge. Les peaux dorées et olive sont à l’aise dans le kaki et le bronze. Sur les peaux foncées, les cuivres, les rouilles saturées et les violets profonds ressortent nettement mieux que les beiges.
Comment porter un maquillage seventies au quotidien sans avoir l’air déguisée ?
Gardez la construction autour de l’œil, qui donne l’esprit, mais divisez l’intensité par deux, renoncez aux paillettes et ne touchez pas à la forme de vos sourcils. Un fard terracotta crème estompé au doigt, prolongé discrètement sous le cil inférieur, avec une bouche satinée : cela suffit à évoquer la décennie sans la citer littéralement.
Quels produits actuels se rapprochent le plus des textures de l’époque ?
Les formats crème et stick : fards en crème, blushs en baume, sticks à paupières, produits multi-usages joues-lèvres-paupières. Les poudres ultra-fines et matifiantes d’aujourd’hui donnent un rendu trop moderne. Cherchez une matière qui reste un peu transparente sur la peau et qui accroche discrètement la lumière plutôt qu’un fini velours.