Maquillage années 20
recréer le look des années folles
Les codes, la technique pas à pas, et comment l’adapter pour une soirée sans tomber dans le déguisement.
Le maquillage des années 1920 repose sur un contraste fort : un teint pâle et mat, un regard sombre et fumé cerné de khôl noir, des sourcils fins et une petite bouche dessinée en arc de Cupidon dans un rouge profond. Pour une soirée Charleston ou un thème Gatsby, mieux vaut en garder l’esprit — le regard et la bouche — et alléger l’intensité pour rester élégante sans virer au déguisement.
- Teint pâle et mat : une peau effacée qui sert de toile au reste.
- Regard fumé : du khôl noir cerné puis estompé en halo.
- Bouche en arc de Cupidon : petite, dense, dans un rouge profond.
- Version soirée : garder regard et bouche, adoucir le reste.
Il y a un visage qui revient dès qu’on évoque les années folles : un teint poudré très clair, un regard sombre et fumé, une petite bouche dessinée en cœur. On le ressort pour une soirée Charleston, un thème Gatsby, une séance photo rétro. Le problème, c’est qu’entre la reconstitution juste et le déguisement appuyé, la marge est mince. Comprendre ce qui fait l’esprit de ce maquillage évite de basculer du mauvais côté.
Le visage des années folles
à quoi on reconnaît ce maquillage
Tout repose sur un contraste. La peau se fait pâle et mate, presque irréelle, pour mieux faire ressortir deux zones travaillées à l’extrême : les yeux et la bouche. Le regard est charbonneux, entouré de noir et estompé en halo. La bouche, à l’inverse, se resserre en un petit arc de Cupidon bien marqué, dans une teinte profonde.
Ce n’est pas un maquillage qui cherche le naturel. C’est un maquillage graphique, pensé comme un jeu d’ombres et de pleins. Une fois cette logique en tête, le reste devient lisible : chaque geste sert ce contraste entre une peau effacée et des traits dessinés.
D’où vient ce look
Le maquillage des années 1920 naît dans un moment de bascule. Après la Première Guerre mondiale, une nouvelle génération de femmes coupe ses cheveux, raccourcit ses jupes et danse dans les bars clandestins. La garçonne, la flapper, affiche une liberté qui passe aussi par le visage. Se maquiller fort, en public, devient un geste d’émancipation autant qu’une affaire de mode.
Le cinéma muet a beaucoup fait pour fixer ces codes. Sur une pellicule en noir et blanc, un teint clair et des yeux très sombres ressortent avec force, là où un maquillage nuancé disparaîtrait. Cet écran a imposé ce regard appuyé et cette bouche minuscule, que les femmes ont ensuite repris à la ville. Le look qu’on recopie aujourd’hui en vient en grande partie.
Les codes, élément par élément
Le teint ouvre le bal. On le veut clair, uniforme et surtout mat, poudré jusqu’à un fini presque porcelaine. Pas de halo lumineux, pas d’effet bonne mine : la peau sert de toile, elle doit rester sobre pour laisser la place au reste.
Les yeux concentrent l’essentiel du travail. Le khôl noir cerne l’œil, dessus et dessous, puis on l’estompe pour obtenir ce halo fumé qui a donné naissance au smoky. Les paupières se chargent de tons sombres, un gris ardoise, un brun profond, parfois une note de prune. L’idée n’est pas la précision nette mais le flou maîtrisé, comme une ombre qui aurait bavé juste comme il faut.
Les sourcils, eux, se font discrets et fins, souvent redessinés en une ligne longue qui descend légèrement vers la tempe. C’est ce trait qui donne au visage son air un peu rêveur, presque mélancolique, si caractéristique de l’époque.
Reste la bouche. On la dessine plus petite que nature, en accentuant l’arc de Cupidon, dans un rouge mat et dense — un rouge profond, un bordeaux, parfois un prune sombre. Le blush, lui, se fait léger, posé en rondeur sur la pommette pour ce soupçon d’effet poupée qui complète l’ensemble.
Le réaliser étape par étape
La marche à suivre tient en cinq gestes, à condition de les poser dans le bon ordre.
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Matifier le teint
Unifier la peau, puis la matifier généreusement à la poudre jusqu’à un fini clair et velouté. Pas de zone brillante : le teint doit rester une toile sobre.
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Cerner et estomper l’œil
Tracer le khôl noir dessus et dessous, puis l’estomper aussitôt pour casser le trait net. C’est l’estompe qui crée le halo, pas l’épaisseur du trait.
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Charger la paupière
Déposer une ombre sombre — gris ardoise, brun ou prune — sur la paupière, en remontant légèrement vers l’extérieur, et fondre les limites pour garder le flou.
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Affiner le sourcil
Redessiner le sourcil en une ligne fine et longue, sans le charger. Un trait léger suffit à donner ce regard un peu languissant.
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Dessiner la bouche
Tracer la lèvre en arc de Cupidon avec un rouge mat profond, plus petite que nature, puis poser une touche de blush en rondeur sur la pommette.
Trois gestes bien placés valent mieux que dix moyens : le regard fumé et la bouche dessinée portent à eux seuls tout le look. Le teint et le blush peuvent rester discrets sans rien lui enlever.
La version moderne, portable une vraie soirée
Reproduit à la lettre, ce maquillage peut vite tourner au costume. Pour une vraie soirée, mieux vaut en garder l’esprit et alléger la main. On conserve les deux signatures — le regard sombre, la bouche dense — mais on adoucit le reste. Le teint reste mat sans virer au blafard. Le smoky se décline en brun chaud plutôt qu’en noir absolu, plus facile à porter et plus flatteur sur la plupart des carnations.
Les sourcils, surtout, ne se rasent pas : on les discipline et on les affine optiquement, sans toucher à leur ligne naturelle. Quant à la bouche, un bordeaux satiné remplace avantageusement le mat le plus dramatique pour qui veut rester élégante toute la nuit. La bonne version, c’est rarement la plus chargée. L’enjeu est de citer les années folles, pas de les rejouer trait pour trait.
L’accorder à la coiffure et à la tenue
Un maquillage des années 20 prend tout son sens dans un ensemble. Il appelle une coiffure courte ou plaquée — une coupe à la garçonne, un faux carré gominé, des ondulations crantées près du visage — et volontiers un bandeau orné porté bas sur le front. La robe à franges, les rangs de perles et un rouge à lèvres assorti finissent de poser le décor.
C’est là que le visage cesse d’être un exercice technique pour devenir une silhouette. Le maquillage seul raconte une moitié de l’histoire ; la coiffure et la tenue écrivent le reste. À chacune de décider jusqu’où elle a envie de remonter le temps.
À quoi reconnaît-on un maquillage des années 20 ?
À son contraste : un teint clair et mat, presque porcelaine, qui met en valeur deux zones très travaillées. Les yeux sont sombres et fumés, cernés de khôl noir estompé, et la bouche est dessinée plus petite que nature en arc de Cupidon, dans une teinte profonde.
Quelle couleur de rouge à lèvres choisir ?
Des teintes profondes et denses : un rouge sombre, un bordeaux, parfois un prune. Le fini mat est le plus fidèle à l’époque. Pour une soirée moderne, un bordeaux satiné offre le même esprit en restant plus confortable à porter toute la nuit.
Comment faire les yeux fumés des années folles ?
On cerne l’œil au khôl noir, dessus et dessous, puis on l’estompe aussitôt pour casser le trait net. On dépose ensuite une ombre sombre — gris ardoise, brun ou prune — sur la paupière, en fondant les limites. C’est le flou maîtrisé qui crée le halo, pas la précision.
Comment l’adapter sans avoir l’air déguisée ?
En gardant les deux signatures, le regard sombre et la bouche dense, et en allégeant le reste. Un teint mat sans être blafard, un smoky brun plutôt que noir, des sourcils affinés sans être rasés. L’idée est de citer les années folles, pas de les rejouer à la lettre.
Quelle coiffure va avec ce maquillage ?
Une coiffure courte ou plaquée : coupe à la garçonne, faux carré gominé, ondulations crantées près du visage, souvent rehaussée d’un bandeau orné porté bas sur le front. Avec une robe à franges et des rangs de perles, l’ensemble prend tout son sens.
Reste à choisir sa soirée, et à voir si l’on s’arrête au clin d’œil ou si l’on remonte vraiment jusqu’aux speakeasies.