Festival d’Avignon
comprendre le théâtre, le IN et le OFF
Deux festivals dans une même ville, en juillet : mode d’emploi pour ne pas s’y perdre.
Le Festival d’Avignon est le plus grand rendez-vous français du spectacle vivant, créé en 1947 par Jean Vilar et tenu chaque juillet. Deux festivals s’y superposent : le IN, officiel et sélectif, et le OFF, ouvert et foisonnant. Les comprendre, c’est savoir comment aborder la ville.
- IN : programmation officielle choisie, créations contemporaines, lieux patrimoniaux.
- OFF : festival ouvert, des milliers de spectacles, le public fait le tri.
- En juillet, autour de la Cour d’honneur du Palais des Papes.
- Se loger très tôt : c’est le vrai goulot d’étranglement, pas les places.
Chaque été, une ville du Vaucluse devient la capitale mondiale du théâtre. Avignon, trois semaines de juillet, des remparts qui débordent de monde et des affiches collées sur le moindre mur disponible. Mais derrière le nom unique se cachent deux festivals qui ne jouent pas le même jeu : le IN, officiel et resserré, et le OFF, foisonnant et ouvert à tous. Comprendre cette différence, c’est déjà savoir comment aborder la ville.
Le Festival d’Avignon, c’est quoi exactement
Le Festival d’Avignon est le plus grand rendez-vous français du spectacle vivant. Il naît en 1947, sous l’impulsion de Jean Vilar, avec une idée simple et politique : sortir le théâtre des salles parisiennes, le porter en plein air, le rendre accessible à un public qui n’y mettait jamais les pieds. Ce n’était pas une opération de prestige, c’était un projet de démocratisation culturelle. Près de quatre-vingts ans plus tard, l’intention tient encore la route.
La scène-symbole, c’est la Cour d’honneur du Palais des Papes : des gradins dressés contre la pierre médiévale, le ciel comme plafond, et cette acoustique particulière où la moindre réplique porte. Jouer là reste un marqueur dans une carrière de comédien ou de metteur en scène. Le festival se tient en juillet, chaque été, et structure depuis longtemps le calendrier du théâtre français : on crée pour Avignon, on se prépare pour Avignon, on existe après Avignon.
IN et OFF
deux festivals, une même ville
C’est la distinction qui change tout, et celle que les premiers venus confondent le plus souvent. Aucun des deux n’est « mieux » que l’autre : ils ne répondent pas à la même question.
| Critère | Le IN | Le OFF |
|---|---|---|
| Sélection | Programmation choisie par une direction artistique. | Festival ouvert, non sélectif : chaque compagnie loue sa salle. |
| Volume | Programmation resserrée, créations pointues. | Des milliers de représentations, des centaines de lieux. |
| Lieux | Cour d’honneur, cloîtres, carrières, lieux patrimoniaux. | Théâtres, salles éphémères, caves, arrière-cours. |
| Comment l’aborder | Se réserve et se prépare à l’avance. | Se découvre en marchant, un tract à la main. |
Le IN, on y va pour découvrir ce que la scène fait de plus pointu, parfois de plus déroutant. Le OFF, personne ne le filtre en amont : c’est le public et le bouche-à-oreille qui font le tri, du seul-en-scène à la grande forme, du rire franc à la performance la plus confidentielle.
Où ça se passe dans la ville
Côté IN, la programmation investit la Cour d’honneur, mais aussi des cloîtres, des carrières, des gymnases réquisitionnés pour l’occasion — des lieux qui ne sont pas des théâtres le reste de l’année et qui ajoutent leur caractère au spectacle. Voir une pièce dans une chapelle ou une carrière de pierre change l’expérience, et ce n’est pas un détail.
Côté OFF, c’est la ville entière qui se transforme. Théâtres permanents, salles éphémères, caves, arrière-cours : tout ce qui a quatre murs et un toit devient une scène potentielle. Et la rue elle-même fait partie du décor — parades, tractage à la chaîne, comédiens en costume qui vous coincent entre deux ruelles pour vous vanter leur spectacle de 14 h. Avignon en juillet, c’est aussi un spectacle de trottoir permanent, parfois épuisant, souvent réjouissant.
Préparer sa venue, étape par étape
Un festival d’Avignon réussi se joue beaucoup en amont. La logique diffère selon le festival, mais quelques étapes valent pour tout le monde.
L’hébergement est le vrai goulot d’étranglement, celui que tout le monde sous-estime. À Avignon en juillet, les logements partent tôt et les prix grimpent : il faut réserver des mois à l’avance, pas la veille.
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Choisir sa période
Le festival dure quelques semaines en juillet, mais les dates exactes changent d’une édition à l’autre. À vérifier sur le site officiel avant toute réservation.
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Réserver l’hébergement très tôt
C’est ce qui part le plus vite et coûte le plus cher. Le poste de dépense numéro un d’un séjour à Avignon.
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Caler les spectacles
Réserver le IN à l’avance ; garder de la souplesse pour le OFF, qui s’ajuste sur place.
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Présélectionner dans le programme
Le catalogue du OFF est massif, parfois intimidant. Repérer une poignée de spectacles avant de partir évite la paralysie.
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Prévoir l’intendance
Chaleur écrasante, déplacements à pied dans l’intra-muros, marges entre deux spectacles : sans ça, on court toute la journée sans rien voir tranquillement.
À quoi s’attendre quand on débute
Le premier réflexe du néophyte, c’est de vouloir tout voir. Mauvaise idée. Entre trois et cinq spectacles par jour, on est déjà à un rythme soutenu, surtout avec les trajets et la chaleur. Mieux vaut moins, mais en gardant l’énergie d’en profiter.
Ne pas tout vouloir voir
Trois à cinq spectacles par jour suffisent. Personne ne fait le tour d’Avignon, et c’est très bien ainsi.
Viser le jeune public
Le OFF affiche régulièrement des programmations jeune public. Elles sont nombreuses, il suffit de les repérer dans le catalogue.
Moduler avec le OFF
Alterner spectacles payants et animations de rue gratuites. Le vrai coût reste le logement.
Choisir ses spectacles sans se tromper
Lire les résumés, oui, mais ils se ressemblent tous et survendent volontiers. Les vrais indices sont ailleurs : le nom de la compagnie, celui du metteur en scène, la durée annoncée. Une forme courte d’une heure n’engage pas comme une pièce de trois heures sans entracte. Sur place, le bouche-à-oreille vaut de l’or : les spectacles qui affichent complet et les files qui s’allongent se savent vite, et ce n’est pas un hasard.
Il faut aussi accepter de se planter. Un spectacle raté, une salle où l’on s’ennuie ferme, cela fait partie de l’expérience — et c’est souvent ce qu’on raconte le mieux après coup. Le bon réflexe est d’alterner les formats sur une journée : une grosse pièce du IN, un seul-en-scène, une forme courte et expérimentale. La bonne question n’est pas si c’est beau, c’est si ça dit quelque chose.
À retenir
Le Festival d’Avignon, ce sont deux festivals dans la même ville : le IN, officiel et resserré, et le OFF, ouvert et foisonnant. Ça se passe en juillet, autour du Palais des Papes, depuis 1947. La règle d’or : se loger très tôt, réserver le IN, improviser le OFF. Et surtout, ne pas vouloir tout voir — Avignon se déguste, il ne se coche pas.
Quelle est la différence entre le IN et le OFF d’Avignon ?
Le IN est le festival officiel, à la programmation sélectionnée par une direction artistique. Le OFF est un festival ouvert et non sélectif, où chaque compagnie loue son lieu et son créneau : des milliers de spectacles, des centaines de salles, et le public qui fait le tri.
Quand a lieu le Festival d’Avignon ?
En juillet, chaque été. Le festival dure quelques semaines, mais les dates exactes varient d’une édition à l’autre et sont publiées sur le site officiel avant chaque saison.
Qui a créé le Festival d’Avignon ?
Jean Vilar, en 1947, avec l’idée de sortir le théâtre des salles parisiennes, de le jouer en plein air et de le rendre accessible à un large public. Le projet était autant culturel que politique.
Faut-il réserver à l’avance ?
Pour l’hébergement, absolument — c’est ce qui part le plus vite. Pour les spectacles, le IN se réserve à l’avance ; le OFF se découvre davantage sur place, en présélectionnant dans le programme.
Peut-on profiter d’Avignon avec un petit budget ?
Oui. Le OFF permet de moduler ses dépenses, et de nombreuses animations de rue sont gratuites. Le vrai poste de dépense reste le logement, d’où l’intérêt de réserver tôt.
Avignon ne se visite pas comme un musée. On en ressort fatigué, parfois bredouille, mais rarement indifférent.